La France debout

Formidable, la force avec laquelle notre peuple Charlie s’est levé. Grandioses, les défilés et les rassemblements. Magnifiques, les déclarations provenant de tous les horizons. Emouvants, les témoignages. Poignantes, les détresses, les souffrances et les inquiétudes. Remarquables, précises et courageuses, les forces de l’ordre ; héroïque, l’homme caché dans un carton : soyez-en tous chaleureusement remerciés.

Et maintenant ?

Maintenant, il est temps de considérer que ce n’est plus le moment de jouer au gendarme et au voleur. Désormais, il est temps de réaliser que pour faire la guerre à ces terroristes, il faut mettre en œuvre des moyens considérables. Demain, nous ne voulons plus entendre des excuses à la con. Dès aujourd’hui, il faut faire bouger les curseurs. Parce que l’exigence de cette France qui s’est levée comme un seul homme vient, en quelques jours, de gravir de nombreux échelons. La France veut vivre en liberté et en toute sécurité.

Président, ministres, préfets et tous les détenteurs du pouvoir d’agir, soyez bien conscients de cette exigence. La France vous demande de serrer les boulons, mais pas avec deux doigts seulement. La France vous demande d’avoir une totale intolérance, à la hauteur de celle de ces barbares. La France vous demande d’ouvrir les yeux sur les pratiques de recrutement, de propagande, d’enrôlement dans certains quartiers, dans les prisons, sur internet. La France, dans toute sa diversité et de toutes confessions, respectueuse des idées de chacun, vous demande d’interdire les facilités offertes à ces tueurs en puissance. Le contexte exige que le principe de précaution soit poussé à son maximum. Notre nation exige que la répression soit vigoureuse, ferme, puissante et sans concession.

Vous serez jugés sur vos actes, pas sur vos paroles ; sur vos résultats, pas sur vos projets. Vous devez accepter la mission de mettre hors d’état de nuire ces barbares, ces sauvages, ces salopards qui ne partagent aucunement nos valeurs.

Dimanche, lors des nouveaux rassemblements, vous occuperez le devant de la scène. Comptez sur nous pour ne pas vous laisser, dans les jours qui suivront, vous abriter derrière notre magnifique élan républicain.

Vous êtes maintenant, à votre tour, otages des exigences de 66 millions de Charlie.