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Ils l’avaient tous préparée, cette longue route en quête de Rhum et du Graal. Remplis d’espoir, ils se sont élancés à 14h dimanche dernier sur la ligne de départ de la course légendaire et mythique. Avec l’envie de faire bien, de faire mieux, de réaliser quelque chose, de faire un truc. Il y a le petit jeune avec l’innocence, l’inconscience et l’impertinence de ses dix-huit ans. Il y a le vieux, le sage, l’expérimenté. Il y a 91 rêves de Guadeloupe.

«Même pas peur» les réunit dans cette aventure.

C’est beau, tous ces bateaux entre la pointe du Grouin et le cap Fréhel. Nous sommes admiratifs, sur nos bateaux ou sur notre promontoire. Et puis ils disparaissent, l’un après l’autre, dans la nuit froide, humide et venteuse. Les uns filent, tranquilles, bien armés, puissants. Certains autres connaissent les premières fortunes de mer : retour à la case départ, arrêt dans le port le plus proche, inventaire des dégâts. P… de cargo ! Vague assassine qui arrache une cloison. Pilote automatique hors d’usage. Voies d’eau, fissures, poignet cassé. Girouettes-anémomètres défaillants.

Pourvu que le ciel ne leur tombe pas sur la tête… Eh bien si, justement. Avec une probabilité quasi-nulle, la foudre vient frapper. Bonjour la chance. Hélitreuillages, récupérations, sauvetages in-extremis sont les lots perdants de ces navigations prestigieuses.

Ils savaient tous qu’ils allaient chercher quelque chose. Certains l’ont trouvé bien trop vite, d’autres espèrent encore malgré l’adversité. Les plus chanceux, les plus habiles ou les plus forts filent vers leur victoire. Elle sera méritée. La scoumoune fait, hélas, partie du jeu.

Premiers, deuxièmes, milieux de tableau, derniers, ce sont tous des grands marins. Et nous avons le grand privilège de suivre leurs bonheurs ou malheurs, bien au chaud, sur notre ordinateur, un café à la main. Bravo et merci à vous les skippers, vous réalisez nos rêves par procuration !