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Ainsi, toi non plus, Gattaz, tu n’as pas appris à penser différemment. Tu penses comme ton père, forcément. Tu penses comme tonton Ernest, comme tata Laurence, les bien penseurs qui t’ont précédé. Tu penses que si tu pouvais trouver un truc pour offrir aux employés un salaire encore moins élevé, tu parviendrais à résoudre la crise du chômage.

Mais il faudra donc te l’expliquer combien de fois, espèce de soi-disant connecté, que pour que la France avance, il faut que la France consomme. Et pour que la France consomme, il faut que ses citoyens en aient les moyens. Alors il faudrait peut-être penser autrement, c’est à dire à l’envers de ce que tu penses : tu augmentes les salaires très bas, en rognant sur ton salaire (il y a une certaine marge…), sur les primes et autres parachutes de tes cadres sup, et puis tu rapatries dans l’hexagone les productions que ton entreprise réalise en Inde, au Mexique et bien entendu en Chine. C’est vrai, ça, le patron des patrons doit montrer l’exemple. Sinon, qui le montrera ? Méfie-toi, Gattaz, les poissons pourrissent toujours en commençant par la tête.

Ça, c’est un patron qui me l’a dit.